-94 Osaka Aquarium Kaiyukan (Japon)
Je visite avec un certain plaisir ça et là les aquariums lorsqu'il s'en présente un, mais, dans la mesure peut-être où je connais moins bien le monde des "poissons", ce plaisir est toujours limité. Ce fut une tout autre histoire avec l'aquarium d'Osaka, l'un des plus grands du monde, et conçu avec une telle intelligence, que la jubilation va grandissante au fur et mesure de la visite, et qu'on en ressort finalement ébloui avec un seul regret au cœur : les autres aquariums désormais vont nous paraître bien tristes et petits!
Marsouin de Cuvier
L'aquarium d'Osaka a été dessiné par Peter Chermayeff, à qui l'on doit notamment les aquariums de Lisbonne, de Gênes, de Baltimore et de Boston. Sur 8 étages et en 27 réservoirs totalisant près de 11 mille mètres cubes d'eau (dont plus de 5 mille pour le plus grand réservoir), l'aquarium est conçu pour nous faire faire le tour de la ceinture de feu du Pacifique, non seulement dans les profonfeurs de ses eaux, mais aussi sur ses rivages ; c'est la raison pour laquelle, parmi les 470 espèces et les 29000 animaux, certains d'entre eux ne sont pas exclusivement marins... Pour réaliser les parois vitrées de 30 cm d'épaisseur, il a fallu 314 tonnes de Plexiglas ou polyméthacrylate de méthyle, c'est-à-dire 1,5 fois la production mondiale annuelle de ce thermoplastique!
Epaisseur du Plexiglas
On commence au huitième étage avec la forêt japonaise et ses loutres cendrées (Amblonyx cinereus) ainsi que ses salamandres géantes (Andrias japonicus). Puis on passe aux îles Aléoutiennes avec une jolie colonnie de maginifiques et adorables loutres de mer (Enhydra lutris) que jamais je n'aurais cru d'une telle taille.
Loutre de mer
En descendant les étages (mais chaque réservoir est toujours sur au moins deux niveaux), on passe à la Baie de Monterey avec ses phoques tachetés (Phoca largha) et ses otaries (Zalophus californianus) ; puis de là, au golfe de Panama avec des poissons-limes (Aluterus scriptus) et des nettes demi-deuil (Netta peposaca), avec au passage une incursion dans les forêts tropicales de l'Equateur.
Phoque tacheté
On continue ensuite le tour du Pacifique avec l'Antarctique : manchot Adélie (Pygoscelis adeliae), manchot royal (Aptenodytes patagonicus) et manchot papou (Pygoscelis papua).
Manchots
Puis, pour terminer, la Mer de Tasmanie et ses dauphins de Gill (Lagenorhynchus obliquidens), ainsi que la grande Barrière de corail.
Dauphin de Gill
Mais tous ces réservoirs ne représentent que les parois extérieurs du bâtiment, car la colonne centrale de celui-ci est consacrée à l'Océan Pacifique lui même, avec des espaces réservés à un énorme banc d'anchois ou encore à un féérique marsouin de Cuvier (Neophocaena phocaenoides), mais surtout avec le plus grand réservoir du site où se déplacent avec leur cour (!) deux énormes requins-baleines (Rhincodon typus) qui par leur taille, éclipsent totalement la présence des poissons lune (Mola mola), des napoléons (Cheilinus undulatus) ou encore des raies mantas (Manta birostris)...
Requin-baleine
Poisson lune
Enfin, en se dirigeant vers la sortie, outre les crabes géants, une magnifique et riche collection de méduses nous attend : Chrysaora melanaster, C. quinquecirrha, C. fuscescens, Catostylus mosaicus, Rhopilema esculentum, Tima formosa, Neopilema nomurai, Olindias formosa, Aurelia limbata, A. aurita, A. labiata et autres Cassiopea...
Aurelia aurita
Rhopilema esculentum
Chrysaora fuscescens